Le sujet de ce matin, un souvenir mauvais, désagréable, d’injustice, peinant...
Ils posent moins de questions et se mettent facilement à l’œuvre. Seul l’un d’entre eux met très longtemps à trouver une idée. Et pourtant, il doit en avoir, lui, des mauvais souvenirs scolaires avec ses très grandes difficultés diagnostiquées et reconnues pour l’écrit. Peut-être est-ce trop profond comme blessure ou bien estime-t-il implicitement qu’il n’est pas politiquement correct de s’exprimer sur ce sujet au sein de l’institution scolaire qui sait si mal prendre les différences en compte ?
Notre directeur vient d’entrer et, impressionné par la concentration, il s’est penché sur un cahier. Immédiatement, l’enfant a caché son travail en jetant vers moi un regard d’appel. Je comprends : « C’est privé ! dis-je. Mais vous ne pouviez pas le savoir. Merci. » Celui qui, sans l’avoir prémédité, vient de faire figure d’intrus est ainsi congédié sans autre forme de procès...
Difficile de faire participer qui que ce soit à ces moments privilégiés qui s’instaurent chaque jour maintenant entre nous, les locataires du CM2a...





