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C - Le contrat didactique

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Le second paramètre important mis à jour ces dernières années est : le contrat didactique.


"Nous appelons contrat didactique l’ensemble des comportements spécifiques de l’enseignant qui sont attendus de l’élève et l’ensemble des comportements de l’élève qui sont attendus de l’enseignant. Ce contrat est donc ce qui détermine, explicitement pour une petite part mais surtout implicitement ce que chaque partenaire va avoir à gérer et dont il sera comptable devant l’autre." (G.Brousseau)

Ainsi, il devient enfin possible d’expliquer l’apparent désordre logique qui frappe les élèves face au problème du capitaine.

Interrogés, les enfants trouvent cet énoncé bizarre et certains expriment même que : "L’âge du capitaine n’a rien à voir avec les moutons." et pourtant, un grand nombre d’entre eux donne l’âge du capitaine. "Ils font leur métier d’élèves : ils doivent répondre."

Ce "phénomène remet en cause l’interprétation des comportements des élèves."

"Le problème, ce n’est pas une vraie histoire, on peut imaginer ce qu’on veut. Dans un problème, on n’a pas besoin de croire. Il faudrait que ce soit vrai pour qu’on ne puisse pas trouver l’âge du capitaine !" Guillaume

Le contrat didactique qui préside traditionnellement à une séquence de résolution de problème est implicitement celui-ci : - Le maître pose une question : il faut répondre. - C’est un problème, il faut donc utiliser les nombres qui s’y trouvent pour faire une opération - souvent la dernière apprise.

Et ce contrat est fort car il peut être respecté au détriment du sens du problème, on serait tenté de dire, au détriment du "bon sens".

"Comme quoi il ne faut pas se fier à la logique. Comme ce problème est imaginaire, on peut tout inventer." Pierre-Antoine

"La disparition du sens, aussi bien dans la relation didactique que dans l’apprentissage, est un phénomène normal."

Et tout ceci n’est pas sans lien avec l’étude de l’erreur que nous avons ébauchée plus haut. Sous la rubrique "Le contrat didactique", Roland Charnay écrit en effet : "Si l’erreur est considérée comme un phénomène anormal, comme une faute, si elle est systématiquement l’occasion de sanctions, l’élève cherchera des recettes pour répondre à l’attente de l’enseignant, il se réfugiera dans le "n’importe quoi" ou le refus de répondre ; au contraire, si l’élève a le sentiment que ses réponses, même celles qui sont erronées, sont prises en considération, deviennent un objet de travail, il se centrera plus volontiers sur la tâche proposée, et peut-être moins sur ce qu’il croit que l’enseignant attend de lui, il répondra davantage au problème posé qu’à l’enseignant qui pose la question."

Il est important que l’enseignant de temps à autre s’interroge quant au type de contrat didactique qui existe explicitement ou implicitement entre ses élèves et lui-même.

Il peut ainsi comprendre certaines situations surprenantes et tenter d’y remédier en essayant de faire varier le contrat didactique. Ceci sans perdre de vue que ce contrat s’impose à ses élèves aussi bien qu’à lui et qu’il est difficile de le modifier.

Concluons provisoirement avec ces remarques de Claudine Blanchard-Laville : "Il s’agit, au lieu de rester dupes de nos propres déterminismes, d’apprendre à se sensibiliser au fonctionnement du professeur que nous sommes vraiment et d’arrêter de rêver à celui que nous pourrions être dans nos spéculations idéologico-velléitaires. Il s’agit d’apprendre à reconnaître nos passages à l’acte dans les classes, d’apprendre à jouer plus légèrement avec ce métier pour éviter de nous y enliser et les élèves avec."

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